A propos de l’urgence sociale

Bonjour à tous,

Nous sommes à quelques jours de la convention nationale du Mouvement démocrate«  sur l’urgence sociale ». Je profite de cette occasion pour exprimer mon opinion sur la question.

J’ai le sentiment que la pauvreté et l’exclusion ont pris durablement racine dans notre pays, qui rappelle par ailleurs que la France compte quelque 4 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, avec un peu plus de 600 Euros par mois. En conséquence, il me semble que la plus grande cause nationale pour notre pays est bien d’éradiquer la pauvreté et de construire une société plus juste et fraternelle. La France est encore la sixième puissance mondiale, nous avons les moyens de faire face à la misère sociale.

Je considère également que la deuxième urgence me semble-t-il est surtout d’éviter de plonger une population ouvrière dans une précarité promise. les exemples sont nombreux molex, continental…. Le Mouvement démocrate ne doit pas rester indifférent et à le devoir de réagir et surtout d’agir pour tenter de définir une nouvelle politique industrielle et de préparer l’avenir de nos enfants.

Je ne suis pas un déclinologue mais les prévisions présentées par l’observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) table sur une récession de 2,3% cette année, contre une croissance de 0,7% en 2008. Et, il devrait y avoir une contraction de 0,2% du PIB en 2010. L’économie française devrait perdre quelque 800 000 emplois en 2009 et 2010. Le déficit public a 7,2% du PIB contre 3,4% en 2008. Quant à la dette publique, elle devrait atteindre 81,8% en 2010 contre 68% en 2008. En conséquence, il est urgent que l’Europe s’unisse pour faire front commun pour lutter contre le chômage qui rôde devant notre porte. Il est urgent de tracer le chemin de la relance et de la croissance. Notre Mouvement démocrate doit être un pionnier en la matière. Soyons également attentif à la désespérance car l’absence de solution à court terme poussera le monde ouvrier et salarié à l’extrémisme. J’attends d’ailleurs les premières voix des « crieurs du métro » qui finiront par recruter par centaines.

Amicalement

Philippe Marrot

En savoir plus sur l’urgence sociale (Confer ci-dessous) :

Echos de la convention “Europe : l’urgence sociale”

Published in: on 27 avril 2009 at 14:42 Commentaires (0)

LA CROISSANCE: UN PROCESSUS COMPLEXE

 

ANALYSE CONTEMPORAINE DU PROCESSUS DE CROISSANCE

 

L’objectif de ce texte est de recenser les éléments importants susceptibles de favoriser le processus de croissance, en mettant en évidence l’importance des complémentarités entre ces différents facteurs. La croissance apparaît alors comme un processus complexe reposant sur la volonté des acteurs de dynamiser le progrès. Les décisions de politique économique peuvent alors avoir un rôle significatif à jouer.

 

  1. La prise en compte du capital humain

L’idée de base revient à dire que l’activité d’accumulation de capital humain génère un effet externe à travers lequel le niveau moyen de qualification de la population accroît la productivité de la totalité des facteurs de production.

Lucas (1988) insiste même sur le fait que la formation professionnelle ou l’apprentissage par la pratique sont au moins aussi important que la formation initiale dans l’accumulation du capital humain.

Le développement du capital humain par simple effet d’apprentissage est très utilisé dans les modèles de croissance basés sur les effets du commerce international : l’ouverture du pays va le conduire à se spécialiser dans la production pour laquelle il dispose d’un avantage comparatif en fonction de son stock de capital humain ; par la suite, du fait de l’existence d’effets d’apprentissage, le pays va intensifier son avantage initial.

Tamura développe en 1991 un modèle dans lequel plus le niveau moyen d’instruction sera élevé dans une économie et plus il est facile pour un individu quelconque d’augmenter son propre niveau de capital humain par apprentissage : il y a donc une forme de diffusion du savoir à travers la population qui se traduit par une convergence dans les stocks de capital humain sans mobilité d’aucun facteur de production.

Romer (1990) démontre également l’importance pour un pays d’avoir un stock important da capital humain employé dans le secteur de la recherche. Le progrès technique y est vu comme le résultat d’une activité spécifique : plus un pays a un capital humain important, plus il pourra développer de nouveaux design. L’Etat a de plus un rôle à jouer dans l’affectation de ce capital humain : recherche plutôt que production.

De manière générale, afin de dégager une sorte de trame générale quant au rôle que peut jouer le capital humain dans le processus de croissance, on peut noter que l’influence du capital humain est plus complexe que celle du capital physique (Gurgand, 2000), voire même que l’accumulation de capital humain peut n’exercer aucun effet positif, et même un effet négatif, sur la croissance dont le régime commercial est fermé (Berthélémy et al., 1997). Ce dernier auteur démontre que pour être générateur de croissance, le stock de capital humain doit se concentrer dans les activités génératrices de progrès technique.

Il existerait également des effets de seuil : une économie aurait besoin d’un stock minimal de capital humain pour que s’enclenche une croissance durable (Becker et al, 1990). L’existence de tel seuil entraîne la possibilité d’équilibres multiples : tant que ce seuil n’est pas atteint, l’équilibre est une équilibre de faible taux de croissance (trappe à la pauvreté) ; alors que l’économie peut prétendre à un taux de croissance d’équilibre plus élevé dès lors que le seuil est dépassé. Dans son modèle, Becker introduit l’idée selon laquelle les incitations à investir dans le capital humain sont d’autant plus fortes que le stock de capital humain augmente.

Dans ce cadre, l’auteur démontre le rôle de la politique économique favorisant l’investissement en capital humain, permettant à une économie de passer d’un équilibre malthusien à un équilibre de développement ; l’auteur met l’accent également sur la chance et le poids de l’histoire dans le passage d’un sentier de croissance à l’autre.

 

L’importance de la formation tout au long de la vie.

La France n’est plus sur le podium des nations européennes pour sa richesse par habitant. Elle a rétrogradé en queue de peloton, ne devançant pus que la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Y-a-t-il un déclin français ? La réponse ne va pas de soi.

A y regarder de plus près, la France est un pays leader en matière de production par heure travaillée. Selon certaines mesures, elle fait de meilleures performances que les Etats-Unis. Selon les chiffres de la Commission, elle se situe, par exemple, 20 % au-dessus de l’Angleterre et 50 % au-dessus du Portugal. Comment se fait-il alors que malgré les performances exceptionnelles en matière de productivité horaire du travail, la France dégringole en matière de PIB par habitant.

La pathologie française se situe moins par rapport aux performances des personnes employées que vis-à-vis du nombre de celles-ci.

Si le nombre de personnes employées est faible en France, c’est parce que la participation au marché du travail des jeunes et des vieux est faible. Si les personnes âgées de 25 à 54 ans travaillent davantage en France que leurs homologues européens, les moins de 25 ans et les plus de 55 ans restent singulièrement en deçà. Seuls 28 % de 15-24 ans travaillent en France, contre 46 % en Allemagne et 56 % au Royaume-Uni. De même, seules 30 % des personnes âgées de 54 à 64 ans travaillent chez nous, alors que le chiffre correspondant est de 37.4 % en Allemagne et de 50 % en Angleterre. La retraite à 60 ans n’est pas la seule en cause. Dès 50 ans, le taux d’activité chute : seuls 50 % des travailleurs âgés de 50 à 60 ans ont aujourd’hui un emploi. Cette durée de vie active singulièrement concentrée dans la tranche 25-54 ans aide à comprendre le chiffre par lequel la France est en deçà de toutes les moyennes européennes : le pourcentage d’adultes engagés dans un cycle de formation permanente. Seuls 2.8 % des Français sont dans ce cas, contre 8.4 % en Allemagne et 20 % en Angleterre.

L’Université y a sa part de responsabilité : absorbée dans la production de diplômes et de normes sélectives (les jeunes sortant le plus tard possible du système), elle est incapable de rentrer dans le jeu de la formation professionnelle, la « deuxième chance » devenant alors illusoire, car ma validée.

Parce qu’ils sont par la suite rarement ou mal remis à niveau au cours de leur vie professionnelle, les travailleurs qui perdent leur emploi après 50 ans n’en retrouvent plus, créant un cycle pervers où l’on ne lâche pas son travail pour se former quand on tient une carrière, arrivant essoufflé en fin de vie professionnelle. Répartir sur toute une vie d’adulte éducation, emploi et formation devient un enjeu essentiel pour retrouver le sens d’une vie professionnelle heureuse et accomplie.

 

Analyse à partir d’un texte de D. Cohen, Chroniques d’un krach annoncé, L’aube poche essai, Octobre 2003 .

 

  1. Flux de capitaux et croissance économique

L’idée principale est que les flux de capitaux peuvent exercer un impact positif sur la croissance à travers l’accumulation du capital, mais aussi à travers l’amélioration de la qualité des investissements (Walz, 1997). La conviction repose également sur le fait que les IDE constituent à la fois une source d’investissement en capital et une source de transferts de technologie.

Par exemple, un pays en retard de développement peut profiter des IDE effectués par une FMN ayant décidé d’implanter ses activités de production parce que ce pays dispose d’une main d’œuvre meilleure marché. Les IDE permettent des transferts de technologie dans les pays en retard de développement, ce qui représente une condition nécessaire (mais pas suffisante) au développement d’activités innovantes locales et la production de biens différenciés.

Sur ce thème, les études empiriques tendent à montrer que la structure des flux de capitaux joue un rôle essentiel dans le processus de croissance. Soto (2000) démontre que si les IDE et les prises de participation (flux de portefeuille en actions) apparaissent corrélés de façon positive et robuste avec la croissance, il n’en est pas de même pour les flux de portefeuille en obligations.

Ces mêmes études empiriques tendent également à montrer que l’IDE n’exerce pas une influence complémentaire à l’investissement (l’effet capacité n’existerait pas), mais qu’il exercerait un effet positif sur la croissance lorsque cette variable est associée à une autre, comme le niveau de capital humain, le degré de développement du secteur financier, le degré de développement des infrastructures ou encore le degré d’ouverture commerciale : l’IDE aurait donc un effet efficacité. Dans ce sens, Borensztein, de Gregorio et Lee (1995) font apparaître que les IDE constituent un véhicule important de transfert de technologie à condition toutefois que le pays hôte possède un niveau minimum de capital humain, ce qui assure l’absorption de la technologie étrangère : apparition d’un effet seuil.

 

Dans les équations de croissance, le coefficient de la variable IDE est rarement positif et significatif contrairement à ce que l’on pouvait escompter, et il l’est également d’autant moins lorsque la variable est incluse dans l’équation parallèlement au taux d’investissement.

 

Nathalie AVALLONE et Françoise NICOLAS, Document de travail CDC, Septembre 2003

 

Blomström et al. (1992) trouve que la variable IDE présente une influence d’autant plus forte que le PED présente un niveau de développement déjà élevé. Ceci renforce l’idée selon laquelle un certain niveau de développement est nécessaire pour que le pays puisse absorber la technologie.

Pour que l’IDE exerce un effet positif, il faut que le PED ait atteint un niveau minimum dans divers domaines.

Bref, les flux de capitaux n’exercent pas une influence automatique sur la croissance. Bailliu (2000) démontre que l’efficacité de la liberté des mouvements de capitaux dépend fortement du niveau de développement du secteur financier et du système bancaire.

 

3. Secteur financier et croissance

L’idée de base est qu’un secteur financier développé peut permettre non seulement d’améliorer le taux d’épargne d’une économie, mais également favoriser une meilleure allocation des ressources en dirigeant l’épargne vers les projets les plus rentables.

Le développement financier peut agir sur la croissance et notamment sur la croissance de la productivité (Pagano, 1993).

Un des arguments intégrés dans les modèles de croissance endogène est que le système financier rend des services d’intermédiation et que cette activité génère des externalités positives (Lee, 1996). Le développement financier génère des effets d’apprentissage dans l’accumulation de l’information. En faisant des prêts au secteur industriel, les intermédiaires financiers accumulent de l’information et donc améliore l’allocation de l’épargne. Dit autrement, sans intermédiaire financier, il y a absence d’apprentissage sur la sélection des bons investissements industriels et donc obstacle à toute dynamique économique.

Dans une autre perspective, des imperfections dans le système financier peuvent inhiber la croissance. Certains gouvernements, notamment dans les PED, peuvent avoir intérêt à empêcher le développement du secteur financier afin de conserver des ressources financières au détriment du secteur privé.

Dans les économies développées financièrement, l’épargne est alloué vers les utilisations les plus rentables : la productivité du capital y est donc plus importante ; l’accumulation de capital (physique, humain ou public) y est donc plus dynamique et le taux de croissance d’équilibre y est plus important.

Au final, le développement financier agit sur la croissance eu travers de deux mécanismes principaux :

  1. une meilleure efficacité du secteur financier, en réduisant gaspillages et pertes de l’épargne, permet une meilleure allocation de l’épargne

  2. une meilleure efficacité du secteur financier améliore la productivité du capital

 

D’un autre point de vue, des auteurs comme Levine (1991) démontre que la croissance économique est plus élevé en présence d’un marché boursier que sans marché financier. L’existence d’un tel marché permet aux entrepreneurs qui ont des besoins de liquidités pour financer leurs projets d’éviter le risque d’illiquidité : ils peuvent en effet vendre des titres à d’autres investisseurs motivés par un rendement plus élevé.

Ainsi, le développement du secteur financier semble avoir un impact sur le taux d’épargne, les décisions d’investissement, sur l’innovation technologique et sur les taux de croissance à long terme.

4. Ouverture du commerce et croissance

Les avancées théoriques

Dans le cadre de l’approche classique de l’échange international, le recours à l’échange en fonction des avantages comparatifs conduit inévitablement à une amélioration du bien être dans les deux économies examinées. Le commerce permet des retombées positives en permettant une allocation plus efficace des ressources.

Le commerce international favorise donc la croissance, même si à l’intérieur de chacun des pays des secteurs peuvent s’avérer être perdants.

Dans le cadre des modèles de croissance endogène, avec l’introduction de la concurrence imparfaite, l’ouverture internationale va avoir des effets très différents suivant les hypothèses retenues. La structure des avantages comparatifs, la nature de la spécialisation et le contenu des politiques commerciales vont être déterminants pour savoir si l’ouverture commerciale va favoriser ou pas la croissance économique.

Ainsi, Grossman et Helpman (1990) démontre que si un pays dispose d’avantage comparatif dans le secteur de la RetD, toute mesure commerciale visant à réallouer les ressources du secteur RetD vers le secteur des biens de consommation abaisse le taux de croissance à long terme. De même, toute subvention au secteur de RetD, dans le pays qui a un désavantage comparatif dans cette activité ne produira aucun effet sur la croissance.

Grossman et Helpman (1991) trouvent également que l’ouverture internationale peut accélérer la croissance uniquement si le pays se spécialise dans les secteurs présentant des externalités positives et dans les secteurs traditionnellement à forte croissance. Ils démontrent dans ce cas que la libéralisation des échanges peut confiner un pays à rester spécialisé dans les secteurs à faible croissance, donc à maintenir cette structure de production qui conduira à affaiblir la croissance (cas des PED).

 

L’ouverture commerciale, l’intégration économique permettent également des économies d’échelle dans le secteur de la RetD, dans la production de nouveaux design (Rivera-Batiz, Romer, 1991). L’idée ici est que l’intégration économique va permettre d’éviter des efforts redondants en matière de recherche en évitant que des ressources domestiques soient allouées à des recherches déjà réalisées dans d’autres pays (on a alors un secteur RetD plus intégré). Il peut ensuite s’enclencher un cercle vertueux dès lors que les résultats des recherches sont disponibles entre pays partenaires (circulation des idées via des réseaux de communication par exemple). Ce phénomène permet d’expliquer pourquoi on assiste à une convergence conditionnelle entre pays industrialisés et pas une convergence globale.

Young (1991) développe pour sa part une approche où la structure de la spécialisation joue un rôle important. Les augmentations de productivité ne sont pas uniquement fonction de l’activité productive d’une industrie donnée, mais aussi de la diffusion des effets d’apprentissage dans les autres industries Si on considère qu’il existe des effets de déversement de la connaissance entre les industries (les innovations technologiques d’un secteur trouvent des applications dans d’autres secteurs) d’un même pays, alors si l’ouverture conduit le pays à se spécialiser dans les biens pour lesquels les effets d’apprentissage sont épuisés (en devenir), l’impact sera négatif (positif).

Dans ce cadre alors, l’auteur démontre que le libre échange dans le PED conduit à un taux de croissance et de progrès technique inférieurs à la situation autarcique.

Cette littérature traitant de la relation entre l’ouverture commerciale et la croissance débouche aussi sur l’idée que les avantages comparatifs peuvent devenir endogènes : par exemple, la diffusion de la connaissance se fera d’autant plus au sein d’une économie que la taille de l’économie ou de la demande seront importantes.

 

Les validations empiriques

Plusieurs études tendent à montrer l’existence d’ue corrélation positive fortement significative entre ouverture commerciale et taux de croissance dans les économies en développement (Krueger (1978), Sachs et Warner (1995)).

Toutefois, la plupart de ces résultats sont peu robustes, ce constat traduisant certainement l’existence d’une causalité bi-directionnelle entre ouverture commerciale et croissance (Baldwin, 2000 ; Lutz, 2001).

Il est souvent reproché à la plupart des études menées visant à valider empiriquement une relation positive entre ouverture commerciale et croissance de ne s’intéresser qu’au seul dynamisme du secteur exportateur, sans tenir compte de la structure de spécialisation des économies concernées.

Ceci étant, on note qu’entre 1975 et 2000, les écarts de PIB par habitant entre les pays de l’OCDE et les pays du Sud ont augmenté. Plus précisément, on sait aujourd’hui qu’un certain nombre d’évènements ont bloqué le processus de développement économique et social dans la pays du Sud. Parmi eux, on note que dans les années 50 et 60, la quasi totalité des pays du Sud ont mis en œuvre des stratégies d’industrialisation autocentrées, que ce soit par substitution aux importations (R. Prebisch) ou par industries industrialisantes (G. De Bernis ; développement de l’industrie lourde qui doit entraîner le développement d’autres secteurs). L’inconvénient de ces deux types de stratégies a été que les entreprises nationales, non soumises à la concurrence, n’ont pas cherché à obtenir les gains de productivité nécessaires pour atteindre le niveau de compétitivité prix suffisant pour affronter la concurrence sur les marchés étrangers ; ils n’ont pu donc développer leurs exportations. Il s’en est suivi un creusement des déficits commerciaux dans la mesure où ces pays ont du développer leurs importations de biens d’équipement afin de poursuivre le processus d’industrialisation, alors même que les exportations ne décollaient pas. Ces pays se sont alors endettés pour financer leurs déficits.

Or, Kwasi Fosu (1996) démontre que les domaines de spécialisation sont un élément fondamental à prendre en compte : il montre en effet que les PED dont les exportations sont essentiellement concentrées sur les produits de base (hors pétrole) n’enregistrent pas de répercussions bénéfiques de leurs exportations sur leur taux de croissance.

Bulmer Thomas (1994) conclue également que les stratégies de développement fondées sur les exportations de produits de base ont été des échecs.

 

Shafaeddin (1994), dans le même ordre d’idée, montre que la faiblesse intrinsèque des PED fait que l’ouverture au commerce n’a pas entraîné une diversification de leurs exportations et un certain degré d’industrialisation : la libéralisation commerciale dans ces pays a conduit à une désindustrialisation.

Quelques résultats globaux apparaissent :

  1. En regroupant les pays en fonction de l’intensité de leurs échanges (et non de manière aléatoire), la convergence des niveaux de revenu est plus forte (Ben-David et Kimhi, 2000).
  2. Le sens des flux des échanges a aussi son importance sur le rythme de convergence : s’il s’agit d’une augmentation des importations d’un pays relativement pauvre en provenance d’un pays plus riche, le résultat sur la convergence est ambigu. Il n’en est pas de même si le pays pauvre accroît ses exportations vers un pays plus riche.
  3. La détention de ressources naturelles ne semble pas favorable à la croissance du PIB par tête. Ceci invalide la théorie du « big push ».
  4. Du point de vue de la convergence et du rattrapage, celui-ci n’a rien d’automatique notamment si les avantages comparatifs sont endogènes et se fortifient avec la spécialisation au travers notamment d’effets d’apprentissage.

 

On s’aperçoit que le commerce international peut avoir un impact négatif sur la croissance économique en particulier lorsque les pays considérés sont en retard technologiquement, ou encore lorsqu’ils présentent des avantages comparatifs sur des secteurs non dynamiques, ou de manière plus générale en l’absence d’externalités positives.

Document de travail CDC, op.cit page 54

 

  1. Environnement socio-politique et croissance

L’importance du cadre institutionnel dans le processus de croissance est reconnue depuis longtemps ; il est notamment mentionné chez Smith qui mettait en avant le rôle joué par les institutions favorisant l’essor de l’esprit d’entreprise et de l’épargne.

Abramovitz (1986) indique que les différences de rattrapage tiennent à la capacité sociale, qui dépend notamment du niveau d’éducation, mais aussi des institutions, ou encore du climat d’investissement et de l’offre de financement.

Tout ceci indique que le rattrapage n’est pas automatique mais conditionnel à l’existence d’une faisceau d’éléments pouvant générer ce rattrapage.

Parmi les facteurs institutionnels susceptibles de favoriser la croissance et/ou à l’origine d’un possible rattrapage, les études ont mis en avant les variables suivantes :

  • l’égalité dans la distribution du revenu

Rodrik (1997) développe l’idée selon laquelle une plus grande égalité dans la distribution des revenus constitue une condition sine qua non à l’émergence d’une forte demande locale et donc d’une dynamique d’industrialisation.

Les arguments présentés sont souvent empruntés dans ce cadre à l’économie politique. Par exemple Perotti (1992) ou Persson et Tabellini (1994) observent une relation positive entre équité et croissance en développant la thèse qu’un faible degré d’inégalité dans la distribution des revenus entraîne de faibles besoins de redistribution, ce qui permet d’éviter en particulier des déperditions de ressources.

Toutefois, Forbes (2000) trouve une relation positive entre inégalité dans la distribution des revenus et croissance, en se concentrant sur des effets de court terme contrairement aux études mentionnées précédemment.

  • la démocratie et la stabilité politique

De manière générale, les études sur le lien entre démocratie et croissance aboutissent à des résultats décevants. Notamment, Barro (1997) explique que la relation entre démocratie et croissance est faiblement négatif une fois que l’on a éliminé les effets favorables d’autres variables comme le maintien de la règle de droit, l’existence de marchés libres, un secteur public réduit, et un degré de capital humain élevé.

Par contre la variable démocratie a un effet significatif lorsqu’on suggère l’existence d’une relation non linéaire entre démocratie et croissance. Ainsi, Helliwell suggère un effet tout au plus indirect de la démocratie sur la croissance (via l’éducation et l’investissement) mais pas d’effet direct.

Plus que la démocratie, c’est la stabilité du système politique qui semble jouer un rôle plus significatif sur la croissance. Ceci renvoie donc à la qualité des institutions.

 

  • la liberté politique et la qualité des institutions

Dans ce cadre, Keefer et Knack (1998) ont montré que la capacité à protéger les droits de propriété expliquait en grande partie les bonnes performances économiques du Chili par rapport aux autres pays voisins de la région.

Les critères utilisés dans ce type de régressions sont l’efficacité du système juridique, l’efficacité de la bureaucratie, le degré de corruption des pouvoirs publics ainsi que diverses formes de stabilité politique (coups d’Etat etc…).

 

6. Remarque conclusives

 

Les nouvelles théories de la croissance ont eu pour mérite de relancer les réflexions sur les sources de la croissance économiques. Elles ont intégré, dans des approches modélisées, des caractéristiques du progrès techniques, caractéristiques qui avaient été mises en avant plutôt par les économistes industriels.

 

L’intérêt des approches formalisées est de se prêter plus ou moins facilement à la vérification empirique. Encore qu’il faut être prudent car un des autres effets des nouvelles théories de la croissance a été de générer une demande spécifique et précise en matière de statistiques.

 

Enfin, ces nouvelles théories ont permis de mettre en évidence que le processus de croissance ne reposait pas exclusivement sur l’accumulation de capital, voire même que cette accumulation pouvait, dans certaines conditions, s’avérer peu propice au développement de la croissance.

 

Quels sont les éléments importants, au-delà de l’accumulation de capital, pour expliquer la croissance économique ?

1. Le rôle des complémentarités

 

Sans leur présence, des économies vont rester bloquées, voire perdurer dans une trappe à sous développement (pas de décollage).

Sans liberté économique (ouverture, etc.), un niveau soutenu d’éducation ne sert à rien. Sans un niveau d’éducation minimal, les IDE ne servent pas la croissance ; sans les infrastructures et un niveau minimal de capital humain, les investissements dans les TIC ne servent pas la croissance.

 

  1. L’absence de linéarité

 

A un niveau donné, une variable peut ne pas avoir d’effet sur la croissance, alors que ce n’est plus le cas à un niveau supérieur. Il existe donc des effets de seuil (Ghosh et Wolf, 1998), et ceci concerne tout particulièrement les PED.

 

  1. La notion de clubs de convergence

 

La convergence n’est pas globale ; elle ne concerne qu’un nombre restreint de pays présentant des caractéristiques structurelles proches.

SOURCE:  COURS D’ECONOMIE UNIVERSITE PAUL VALERY MONTPELLIER II

 CADRE: PREPARATION A AGREGATION D’ECONOMIE-GESTION

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Published in: on 12 avril 2009 at 9:15 Commentaires (0)
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L’esprit démocrate - 27 avril 2009
L’esprit démocrate
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