REAGISSEZ A L’INTERVIEW DE MARIELLE DE SARNEZ

INTERVIEW - Pour la vice-présidente du MoDem, «les Français aspirent à un projet d’alternance crédible».

Propos recueillis par Rodolphe Geisler 

 

LE FIGARO. La discussion du projet de loi de finances s’ouvre aujourd’hui à l’Assemblée. Quel regard portez-vous sur notre situation budgétaire ?

Marielle de SARNEZ. Nous allons dans le mur. Le déficit de la France a augmenté de 350 % en deux ans ! La moitié des dépenses de l’État est maintenant financée par l’emprunt. Selon le rapporteur général du budget lui-même, Gilles Carrez, la charge de la dette va progresser de 20 milliards pour dépasser la somme de 60 milliards d’euros, et représenter alors une fois et demie la totalité de notre impôt sur le revenu. Nous ne pourrons pas vivre éternellement au-dessus de nos moyens. Quant à la situation économique, je ne vois pas l’éclaircie annoncée. La Bourse remonte, mais le carnet de commandes des entreprises reste désespérément vide. J’ajoute que le monde agricole est au bord de l’explosion. Dans ces moments de grandes difficultés, le pouvoir devrait dire la vérité aux Français et ne pas leur raconter d’histoires en faisant croire qu’on peut éternellement s’endetter sans que jamais personne ne paye.

Martine Aubry préfère un grand plan de relance à un grand emprunt. Qu’en pensez-vous ? (Voir l’interview de Martine Aubry)

Je trouve que cette proposition ne tient pas. Un plan de relance tourné vers la consommation et financé par de la dette, c’est pire encore que ce que le gouvernement s’apprête à faire avec le grand emprunt. Pour moi, l’action la plus pertinente aurait dû être un plan d’investissement conçu au niveau européen, financé par l’émission d’euro-obligations. En France, mieux vaudrait réfléchir à la question des charges qui pèsent sur le travail. Aujourd’hui, quand on est entrepreneur, on est conduit à rechercher le mode de production le moins favorable à l’emploi. C’est l’inverse de ce qu’il faudrait faire. De la même manière, nous n’échapperons pas à une réforme fiscale de grande ampleur.

Martine Aubry n’a pas invité le MoDem à la première réunion de sa «maison commune» pour 2012. N’est-ce pas l’échec du camp de l’alternance voulu par François Bayrou ?

Le PS est devant ses choix. Soit il décide de s’enfermer dans des logiques politiques d’hier, et même d’avant-hier, soit il décide de s’ouvrir, de s’adapter au monde de demain, et de faire évoluer sa pensée sur certains points. Pour ma part, je suis convaincue que les Français aspirent à un projet d’alternance crédible. Ils ne veulent pas que le marché décide à leur place. Mais ils ne veulent pas non plus que l’État décide de tout. C’est pourquoi nous n’économiserons pas nos forces pour que tous ceux qui souhaitent un autre projet pour la France puissent réfléchir à l’avenir ensemble.

Que pensez-vous des propositions de Nicolas Sarkozy sur la réforme territoriale ?

Je pense utile de simplifier le paysage territorial. Mais je trouve que Nicolas Sarkozy fait les choses à l’envers. Il commence par supprimer la taxe professionnelle, crée des conseillers territoriaux sans s’interroger sur leurs compétences, et propose une loi électorale qui nie les identités et le pluralisme. C’est le contraire de ce qu’il faut à notre pays.

Published in: on 24 octobre 2009 at 16:25 Commentaires (1)

REACTION AU PLAN DE SECURISATION DE L’ECOLE

Communiqué validé et soutenu par Corinne Lepage, Vice Présidente du Mouvement Démocrate en charge des commissions nationales et transmis aux média dans la journée.

Communiqué de presse du 7 octobre 2009 DOMAINE : Education Nationale / violence à l’école / sécurisation des établissements/”Equipe mobile de sécurité”

Luc Chatel et Brice Hortefeux ont présenté une convention de partenariat le 23 septembre et mis en place la première “équipe mobile de sécurité” le 5 octobre dernier.

Ce Plan de sécurisation des établissements et de suivi de la délinquance institue une série de mesures censées lutter contre la violence à l’école.
Vidéosurveillance, brigades d’intervention,…, l’approche sécuritaire plutôt que préventive et éducative prend le dessus.  Le projet de société que ces décisions sous-tendent marque une nouvelle rupture qui égratigne une nouvelle fois notre contrat social et républicain…

Plan de sécurisation de l’école : Non, un établissement scolaire n’est pas un bunker !

 TEXTE DU COMMUNIQUE :
Il est temps de rallumer les Lumières à l’école !
Après la cagnotte à 10 000 € pour récompenser l’assiduité des élèves, c’est maintenant le thème de la sécurité qui devient prétexte à une mesure choc.
La Commission Nationale Education et le Mouvement Démocrate dénoncent cette nouvelle dérive qu’on inflige aux valeurs de l’école de la république.

En instaurant des brigades d’intervention dites « équipe mobile de sécurité » ou en envisageant le développement de la vidéosurveillance, c’est une vision sécuritaire de l’école qui domine. Le problème de la violence à l’école ne se résoudra pas en ajoutant des vigiles. Quelle société promet-on à nos jeunes quand la violence et ses attributs prennent le dessus ?

La violence et la délinquance, prétextes malsains aux mesures gouvernementales, doivent être exclues de l’enceinte scolaire. Mais la solution présentée est tout autant porteuse de violence : démonstration en uniforme, externe à l’équipe éducative, elle valorise une agressivité institutionnalisée qui ne saurait résoudre les problèmes. Ce n’est pas la bonne façon de parler aux jeunes. Ce n’est pas le bon niveau de réponse.
S’il est un espace à préserver c’est l’enceinte scolaire, lieu d’apprentissage des savoirs et compétences autant que du vivre ensemble.

L’école a besoin d’enseignants, d’éducateurs, d’assistants d’éducation et d’aides à la gestion des conflits au cœur des équipes éducatives. Le surveillant de vie scolaire remplissait ce rôle avec une relation aux élèves bien meilleure que celle qu’on nous propose. L’embauche de 500 personnes devant constituer des brigades d’intervention mobiles allant de collèges en lycées, est un gadget ; pire une illusion sécuritaire néfaste pour nos écoles ; voire une provocation : quand les enseignants dénoncent les suppressions de poste et l’affaiblissement des moyens éducatifs, on peut s’étonner et dénoncer un projet répressif plus qu’éducatif.

Hormis les problèmes de délinquance qui sont du ressort de la police et pour lesquels les chefs d’établissement connaissent les procédures à suivre, l’expérience montre que la solution aux problèmes de violence à l’école (comme l’amélioration des relations enseignants/élèves) se construit au sein des établissements, en équipe, avec la communauté éducative, avec les parents, par l’instauration d’un climat propice aux apprentissages. Celui-ci dépend de l’offre éducative et culturelle et des moyens que notre institution met en place pour soutenir la seule autorité qui vaille: celle des professeurs et du personnel de direction.

Brigades, vidéosurveillance, portiques de sécurité,…, sont autant de façon de “regarder ailleurs” : une vraie politique de sécurité s’attaque à la source de la violence et aux conditions de vie dans les quartiers. Ghettoïsation, manque de lien social, sentiment de non-reconnaissance, politique d’urbanisme… sont les vrais défis. Plutôt que se refermer sur elle-même, l’école doit pouvoir rayonner et diffuser du savoir et de la culture ; gagner la jeunesse !

C’est aussi par les signes qu’une société et ses décideurs donnent à ses jeunes, qu’on valorise ou non un espace qui leur est dédié et dans lequel on souhaite les voir s’épanouir.

Il n’est pas bon de brouiller le message de la mission de l’école par de telles solutions qui désaxent le propos de l’éducation nationale et de ses établissements.

Published in: on 8 octobre 2009 at 15:14 Commentaires (1)
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